Réveil de nouveaux horizons : cartographier les limites du système solaire

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S’endormir et se réveiller pour découvrir que vous êtes à des milliards de kilomètres de Pluton est bizarre. Encore plus bizarre ? Le faire avec une sonde métallique.

New Horizons de la NASA vient de sortir d’un sommeil de 321 jours. Le vaisseau spatial est sain. Ça parle. Et il est prêt à réaliser la science la plus sans précédent de l’histoire, à la limite de tout ce que nous savons.

Se réveiller aux confins de l’espace connu

“Tous les rapports d’état pendant cette hibernation étaient verts.”

Alice Bowman, responsable des opérations de la mission, n’a pas mâché ses mots dans la récente déclaration de la NASA. Tous les systèmes fonctionnaient chaque semaine tandis que New Horizons dérivait à travers le gel profond près de la limite du système solaire.

Le réveil est de taille car la sonde est loin de chez elle. Nous parlons d’environ 5,9 milliards de kilomètres. Cela fait 64 unités astronomiques. Pour rappel, il est 64 fois plus éloigné de la Terre que notre soleil.

Le voyage a commencé en trombe. Lancé en 2006, New Horizons battait alors des records. Il a atteint 36 400 miles par heure le premier jour. C’est devenu plus rapide aussi. Les aides gravitationnelles de Jupiter en 2007, puis de Pluton en 2015, lui ont donné un coup de pouce supplémentaire. Depuis, c’est en roue libre.

Il s’agit actuellement du vaisseau spatial le plus éloigné de l’univers. Enfin, à l’exception des jumeaux Voyager de 1977. Les Pioneer 10 et 11 sont allés plus loin mais sont morts il y a des décennies. New Horizons respire toujours.

Comment New Horizons mesurera la limite de l’héliosphère

Voici pourquoi vous devriez vous en soucier.

Voyager 1 et 2 ont prouvé que l’influence du soleil ne s’arrête pas là. Il heurte un mur. Ils ont découvert l’héliopause, l’endroit où le vent solaire s’écrase sur le milieu interstellaire. C’est une barrière plasma chaude et épaisse. Une véritable ligne de démarcation physique dans le vide.

Mais ces vieilles sondes ? Leurs capteurs sont poussiéreux et sombres.

New Horizons a de meilleurs jouets. Il est équipé d’instruments plus sensibles qui permettront de collecter les données les plus détaillées jamais recueillies sur cette région. Il va cartographier la zone de transition où se termine notre voisinage solaire et où commence le véritable espace interstellaire.

Il n’y arrivera pas demain. Ou l’année prochaine.

Les scientifiques estiment que l’héliopause commence à environ 120 unités astronomiques du soleil. New Horizons est actuellement à 64 UA. Il lui reste une route longue et solitaire à parcourir à travers la ceinture de Kuiper. Mais cela avance dans la bonne direction.

Le retard des données

La communication n’est pas instantanée. Même pas proche.

À l’heure actuelle, un signal prend 8 heures 52 pour un aller simple. Cet écart se creuse de seconde en seconde. Au moment où la sonde se réveille, nous avons déjà passé des heures à écouter son rythme cardiaque avant qu’elle ne sache qu’elle est réveillée.

Au cours des prochaines semaines, New Horizons supprimera les données enregistrées pendant son long sommeil. Il étudie l’hydrogène dans l’héliosphère externe. Il vérifie ses repères. C’est préparer le vrai travail.

L’héliopause attend. Elle se trouve à 60 millions de kilomètres (en termes astronomiques) de la position actuelle de la sonde. Le royaume du soleil est fini. Le reste est un mystère.

New Horizons s’y dirige. Avec un réservoir plein de données. Et beaucoup de calme.

Nous attendons. Le signal viendra. C’est toujours le cas.

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