Ils ressemblent à des méduses. Ils dérivent sur l’eau avec la même grâce fantomatique et palpitante. Mais ne vous y trompez pas : un cténophore n’est pas une méduse. La distinction n’est pas seulement une pinaillerie sémantique de la part de biologistes marins qui ont trop de temps libre. Cela va à la racine même de la façon dont nous comprenons l’évolution animale. Ces créatures, connues sous le nom de gelées en peigne, représentent une lignée qui s’est séparée du reste du règne animal bien avant que l’ancêtre commun des méduses, des humains et des mouches ne prenne forme.
Il existe près de 90 espèces connues dans le phylum Ctenophora, et elles sont partout où on ne les attend pas. Ils flottent librement dans presque toutes les régions océaniques de la Terre. La plupart sont minuscules, d’à peine plus d’un millimètre de diamètre, invisibles à l’œil nu, à l’exception du miroitement de lumière qu’elles captent. D’autres sont des géants, mesurant plus d’un mètre (3 pieds) de diamètre. Malgré leur taille, ils sont généralement incolores et se fondent dans les profondeurs jusqu’à ce que le soleil les frappe parfaitement.
Comment les gelées en peigne bougent (et pourquoi c’est important)
La caractéristique déterminante de ces créatures réside dans leur nom : le peigne. Des rangées de peignes ciliaires courent verticalement sur leurs corps ronds et sphériques. Ce ne sont pas des coquilles ou des épines dures. Ce sont des centaines de poils microscopiques appelés cils. Lorsque ces cils battent à l’unisson, ils propulsent l’organisme gélatineux dans l’eau. C’est un moyen de locomotion étonnamment efficace.
Ce mouvement crée un phénomène visuel qui fascine les observateurs depuis des siècles. Lorsque les cils battent, ils réfractent la lumière, créant des bandes chatoyantes aux couleurs de l’arc-en-ciel. Cette irisation est ce qui leur donne leur autre nom commun, et c’est ce qui les rend suffisamment beaux pour être photographiés et suffisamment terribles pour être confondus avec des créatures plus simples.
Des vagabonds carnivores dans une toile complexe
Bien qu’ils puissent paraître délicats, ces dériveurs gélatineux sont des prédateurs. Toutes les gelées en peigne, à l’exception d’une espèce parasitaire, sont carnivores. Ils ne font pas de photosynthèse. Ils ne filtrent pas les algues au sens traditionnel du terme. Ils chassent.
Leur régime alimentaire se compose de jeunes mollusques, de larves de poissons, de copépodes et d’autres zooplanctons. Ils utilisent des tentacules – souvent collants et poisseux – pour capturer cette proie. Dans la chaîne alimentaire océanique, ils occupent une niche spécifique. Ils ne sont pas au sommet, mais ce sont des acteurs importants, contrôlant des populations d’une vie marine plus petite. Leur rôle est essentiel pour comprendre comment l’énergie se déplace dans les écosystèmes marins.
Le puzzle évolutif
Pourquoi est-ce important au-delà de la curiosité ? Parce que la gelée en peigne remet en question notre compréhension de l’évolution des animaux complexes. Pendant longtemps, les scientifiques ont cru que les corps simples et à symétrie radiale des méduses et des méduses en peigne constituaient le point de départ « primitif » de tous les animaux. L’idée était que la vie commençait simplement, puis devenait complexe.
Des recherches génétiques récentes suggèrent le contraire. Il semble que les ancêtres des gelées en peigne étaient peut-être plus complexes que nous le pensions, ou qu’ils ont perdu en complexité avec le temps. Cela signifie que l’arbre de vie n’est pas une simple échelle. C’est un buisson enchevêtré. La branche du cténophore peut s’être séparée avant le développement des muscles, des nerfs et des plans corporels complexes qui définissent la plupart des autres animaux.















